Propos du Prof. Dr. Jörg Gerkrath, lors de la remise des Mélanges à son directeur de thèse Vlad Constantinesco

JGJ’ai choisi de vous adresser plutôt un message personnel que de faire un discours académique. C’est pour cela que je m’adresse en premier lieu – et uniquement – à vous. J’espère que l’audience me le pardonnera.

Ce livre qui vous sera remis ce soir, ce Liber amicorum, est à l’évidence un livre ; un livre écrit par vos amis pour vous rendre hommage.

Je ne me sens pas très autorisé à parler du livre, dont je ne connaît pas encore le contenu. Je ne peux pas non plus prétendre de parler au nom de tous vos amis. Mais permettez moi de m’exprimer en tant que un de vos amis et d’exprimer ma fierté pourquoi je peux me compter parmi vos amis.

Vous m’avez fait grand plaisir, dès la fin de ma thèse, de m’adresser de nombreux messages de soutien en débutant toujours avec les mots : « mon cher ami ». A l’époque ça m’a beaucoup touché, m’a très encouragé et m’a aidé à poursuivre.

J’avoue éprouver un certain « trac » ce soir à parler ici devant cet auditoire et devant vous et ça me rappelle toujours une épisode que vous m’avez raconté à l’époque : puisque vous me disiez que la grande actrice Sarah Bernard avait un jour dit à une jeune comédienne, qui lui disait, qu’elle n’avait pas le trac de monter sur scène parce qu’elle l’avait déjà souvent fait, elle lui disait alors : « ne vous inquiétez pas cela viendra avec le talent ».

Donc cette fierté de figurer parmi vos amis, j’espère l’exprimer ce soir et éviter ainsi deux écueils. J’espère ainsi de ne pas être trop long et de ne pas ennuyer l’auditoire et aussi de ne pas exprimer trop de louanges qui vous mettront dans l’embarras. Vous me l’avez encore dit tout à l’heure. Tout ce que je dirais pourrait être mis sur le compte de ma propre vanité puisque je dirais ma fierté d’être votre ami.

La première raison tient évidemment au fait que vous avez été mon enseignant. Un enseignant hors pair que j’ai pu apprécier d’abord comme étudiant à l’Institut des Hautes Etudes Européennes dans un contexte pluridisciplinaire, nous y avions des cours d’histoire d’économie, de droit et de sciences politiques et ensuite en tant qu’étudiant du DEA du diplôme d’études approfondies de droit des Communautés Européennes. D’ailleurs déjà à l’époque j’ai pu apprécier votre qualité d’enseignant puisque vous changiez beaucoup d’un auditoire à l’autre. Face aux étudiants de l’Institut des Hautes Etudes, qui étaient un public mixte, vous arriviez à expliquer avec des mots simples les difficultés du droit communautaire.

Bien sur, devant les étudiants du DEA de droit communautaire il y avait un autre niveau et d’autres attentes. D’ailleurs à l’époque vous étiez craint. Vous étiez craint au point que certains surnoms circulaient, que je ne vais pas répéter ici, qui m’ont toujours surpris, d’autant plus qu’ils étaient souvent erronés puisque les Carpates, finalement, sont assez loin de votre lieu de naissance.

Je garde de très bons souvenirs de ces séminaires de DEA même s’ils étaient effectivement difficiles et que vous étiez très exigeant. Mais j’y ai appris beaucoup de choses et j’ai toujours essayé ensuite de m’en inspirer.

La deuxième raison de fierté d’être votre ami tient évidemment au fait que vous avez été mon « Doktorvater ». Je ne dirais pas « directeur de thèse » parce que vous avez vraiment été un Doktorvater, un père spirituel. Je n’ai jamais ressenti la relation entre nous comme celle d’un étudiant à un patron ou à un maître mais plutôt celle d’un fils à un père.

Vous m’avez alors appris beaucoup de choses en sciences : la rigueur scientifique, l’honnêteté scientifique, l’humilité scientifique et je me souviens de nombreuses discussions, de nombreux d’entretiens que nous avons alors eu notamment lors de voyages entrepris ensemble, par exemple à Lausanne pour assister au colloque sur l’espace constitutionnel européen en 1994, et qui nous ont permis de nous approcher, d’échanger beaucoup de points de vue et qui m’ont fortement enrichis.

La troisième raison tient évidemment au fait que je suis devenu par la suite un de vos collègues et que vous avez toujours été un collègue exemplaire. Vous m’avez, là encore, beaucoup aidé notamment en me permettant d’intégrer très rapidement l’équipe d’enseignants de ce Diplôme d’études approfondies où vous m’avez confié le cours de Libertés de circulation des personnes, que depuis je n’ai jamais abandonné puisque je l’ai enseigné à Avignon, à Montpellier et actuellement à Luxembourg.

Vous m’avez ensuite encouragé à la mobilité et donc avec le concours d’agrégation j’ai quitté Strasbourg avec beaucoup de regrets mais pour retrouver Avignon et plus tard Luxembourg.

Pour tout cela je vous remercie beaucoup et, j’ose le dire : « mon cher ami » j’espère que ce livre vous fera beaucoup de plaisir. »

Prof. Dr. Jörg Gerkrath Head of the Doctoral School in Law Université de Luxembourg, lors de la remise du Liber Amicorum en l’honneur du professeur Vlad Constantinesco

mélanges Constantinesco

 

 

 

 

 

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