La BU Dauphine et l’Open Access, interview de Christine Okret-Manville, directrice-adjointe de la BU Dauphine

Les bibliothèques universitaires jouent un rôle important dans la promotion de l’Open Access. Après avoir vu les actions menées par la BU de l’Université de Laval et afin d’avoir une illustration de l’implication d’une BU universitaire française en matière d’Open Access, nous avons interviewé Christine Okret- Manville, directrice adjointe de la BU de l’Université Paris-Dauphine.

Si d’autres établissements souhaitent nous faire part de leur l’implication dans l’Open Access qu’ils n’hésitent pas à nous contacter ou à laisser des commentaires.

O.T: Pourriez-vous présenter la BU Dauphine, ses particularités?

Christine Okret-Manville: La BU Dauphine dispose de 43 agents, d’une collection importante de documents imprimés (environ 200 000 livres, 950 revues) et électroniques (une centaine de bases de données : articles, livres, données financières et statistiques, sources juridiques, presse ….  403 000 € de dépenses en 2015). La BU Dauphine est un pôle de référence documentaire national en économie et gestion « CADIST » alors que la BU Cujas l’est pour le droit. Enfin, la BU mène des projets innovants (site web/catalogue, circuit de publications pour valoriser les publications des chercheurs, formations, numérisation).

O.T.: Pourriez-vous nous expliquer pourquoi les BU sont des acteurs incontournables dans le développement de l’Open Access ? 

Christine Okret-Manville: Gestion des données descriptives et mise à disposition des lecteurs de la documentation sont notre cœur de métier. Les BU peuvent assurer le contrôle de la qualité de la base pour des citations exactes, descriptions normalisées,. Elles maîtrisent la connaissance et les usages des outils développés pour la mise en Open Access des documents. En outre, elles disposent de l’expérience de la diffusion des thèses numériques.

O.T.: Pourriez- vous nous rappeler ce qu’est selon vous l’Open Access et ce qu’il n’est pas ?

Christine Okret-Manville: Ce qu’il est :

  • un accès libre et gratuit au texte intégral des travaux de recherche dans leur version la plus aboutie possible, sans besoin de s’identifier ;
  • une service public, avec le souci de conservation pérenne des données et possédant des protocoles techniques favorisant la diffusion des publications.

En revanche  les réseaux sociaux de recherche (type Academia.eu, etc.)  ne font pas de l’Open Access. Ce sont des compagnies privées, avec des droits d’usage des données qui leur sont extrêmement favorables et dont l’objectif est de lier les chercheurs entre eux (ce sont des réseaux sociaux) et non de diffuser les publications. (Ndlr lire  A social networking site is not an open access repository)  Ce sont des outils complémentaires, à objectifs différents, mais l’un ne remplace pas l’autre.

O.T.: Quelle est la pratique des enseignants chercheurs de l’Université Paris-Dauphine en matière d’Open Access

Christine Okret-Manville: 30% des enseignants chercheurs mettent leurs publications intégrales en Open Access. Pour certaines communautés de chercheurs, la mise en Open Access est intégrée dans les pratiques : les maths, l’informatique. Pour les SHS, c’est moins le cas, cela dépend du chercheur. En droit, il n’y a quasiment aucune intégration dans les pratiques. 

O.T.: Quels sont selon vous les freins au développement de l’Open Access?

Christine Okret-Manville:La peur du plagiat, la méconnaissance des droits des chercheurs par rapport aux éditeurs, la peur de ne plus être édités s’ils mettent leurs travaux en Open Access, la méconnaissance de ce que l’Open Access peut leur apporter, et parfois un manque de réflexion personnelle concernant les évolutions de l’environnement éditorial auquel ils sont pourtant extrêmement liés.

O.T. Pourriez-vous nous parler de l’outil Dfis?

Christine Okret-Manville: Dfis est un système d’information recherche. Son objet est de pouvoir disposer dans une même application de toutes les informations liées à la recherche : contrats, publications, activités liées (appartenance à des comités éditoriaux …). Le principe est de renseigner ce système régulièrement pour que lorsque des évaluations de chercheurs ou de laboratoires sont demandées, les informations soient prêtes à être extraites en un temps très court (gain de temps administratif). A terme, Dfis alimentera les sites web des centres pour les publications (en cours de test) et une sitothèque dynamique pour l’université. Ce outil a été lancé en 2016. Un tel outil était indispensable aux services de l’université (pilotage statistique, recherche et valorisation) pour avoir une vue globale de l’activité de recherche de Dauphine, et la plus complète possible. Nous sommes une des rares universités françaises à disposer d’un tel outil. Ce type d’outil est monnaie courante à l’étranger

O.T.: Quelle est le lien entre cet outil et l’Open Access?

Christine Okret-Manville: Dfis est lié à notre archive institutionnelle BIRD pour favoriser la visibilité des publications. BIRD envoie également les publications dans HAL.

Propos recueillis par Olivia Tambou

Suite de l’interview: L’implication de la BU Dauphine dans l’Open Access

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