The Right to Be Forgotten in Chile. Doctrine and jurisprudence, by Pedro Anguita

Résumé: Dans la Grèce antique, il était possible pour une poignée de citoyens privilégiés de s’exprimer à l’Agora, tout comme les membres du Sénat à l’époque de la République romaine. Grâce à la démocratie représentative, l’usage de la parole s’est ensuite étendu pour atteindre les dirigeants ainsi que les législateurs, qui pouvaient communiquer avec le peuple depuis les places publiques et dans les rues. Leur pouvoir de communication s’est amplifié avec l’émergence des médias.

La prolifération des Smartphones (pourvus d’un appareil photo ainsi que d’une caméra, et permettant l’accès à Internet) ainsi que l’émergence des réseaux sociaux constituent des événements sans précédent dans l’histoire de l’humanité et du numérique. Grâce à eux, les faits et paroles de chacun se convertissent temporairement en phénomènes viraux ou Trending topic à l’échelle nationale voire mondiale. D’ailleurs, le philosophe italien Umberto Eco l’avait prédit avant sa mort avec une lucidité accablante.

De plus, le volume de l’information disponible sur Internet grandit de façon exponentielle. Les moteurs de recherche tels que Google, qui organisent et facilitent l’accès cette information en une fraction de secondes, se heurtent parfois au respect des droits fondamentaux. L’information disponible, qu’elle soit vraie ou erronée, documentée ou anonyme, et que tout un chacun peut partager, défie le temps pour la rendre perpétuelle. Ces problèmes se sont manifestés au Chili, numéro un de la région en matière de TIC, que cela soit en termes de connexion à Internet et le développement des réseaux à haut débit ou l’usage de Smartphones. Aujourd’hui, nous semblons plus sensibles à l’information que nous projetons sur les moteurs de recherche, les réseaux sociaux et le monde virtuel en général que dans la vie réelle. Sur cette plateforme virtuelle, nous aspirons à être respectés et reconnus. Les individus, les entreprises et les institutions publiques cherchent à contrôler les risques inhérents à la réputation. Ceci est logique étant donné que nous passons la majeure partie de notre temps dans un monde numérique.

Le présent article synthétise les problèmes juridiques que pose le droit à l’oubli. Nous exposons ses origines, ainsi que les jugements rendus par les Tribunaux Supérieurs chiliens, dans lesquels ceux-ci ont pris des mesures conservatoires constitutionnelles contre le moteur de recherche Google. Les actions à la base de ces jugements ont été intentées par des citoyens invoquant la violation de leurs droits fondamentaux et par lesquelles ils ont tenté d’éliminer l’indexation des résultats de recherche proposés par l’entreprise californienne. Cet article inclut également une synthèse de la jurisprudence concernant les actions intentées contre des sites Internet et des médias, tels que journaux, revues et chaînes qui possèdent des plateformes électroniques à travers lesquelles l’information est diffusée et stockée dans des archives numériques. Bien que ces actions soient peu nombreuses en comparaison avec l’Union européenne, il est toutefois intéressant d’observer le raisonnement et l’interprétation des tribunaux chiliens. D’ailleurs, nous sommes d’avis que le respect du droit à l’oubli a donné naissance à l’un des défis les plus intéressants et complexes que le droit a connu ces dernières années.

Abstract: In ancient Greece, a handful of privileged citizens had the possibility to express themselves in the Agora, just like the members of the Senate in the Roman Republic. Since then representative democracy has led to decision makers and legislators also using speech in order to communicate with the people, on public places and on the streets. Their powers of communication have been amplified with the development of the media.

The proliferation of smartphones (equipped with a photo and video camera, and an access to the Internet) and the emergence of social networks are unprecedented events in the history of humanity and the digital world. These new parameters mean that the actions and words of anyone can temporarily turn into viral phenomenons or trending topics on a national and even global scale. Italian philosopher Umberto Eco, acutely clear-sighted, had predicted this phenomenon before passing away.

In addition, the volume of information available online is growing exponentially. Search engines such as Google, which organise and facilitate access to this information in a split second, sometime stumble against the respect of fundamental rights. The available information, whether right or wrong, documented or anonymous, can be shared by anyone and becomes perpetual. For example, these problems have arisen in Chile, number one of its region in terms of ICT. These technologies include Internet connection and broadband as well as smartphones. Today it seems we are more sensitive to the information that we project on search engines, social networks and the digital world in general, than in real life. On this digital platform, we strive to be respected and acknowledged. Individuals, private companies and public bodies all want to control reputation-related risks. This makes sense since we spend most of our time in a digitalised world.

This contribution summarises the legal issues arising from the right to be forgotten. We will lay out its origins, and present the rulings of the Chilean superior courts, which tooks conservatory constitutional measures against Google’s search engine. The actions which led to these rulings had been lodged by citizens claiming that their fundamental rights were being violated and trying to eliminate the listing of search results from the engine. This article also includes a summary of the case law on actions against websites and media, such as newspapers, journals and TV channels that also operate electronic platforms on which they stock and spread information via digital libraries. Although these actions are rather seldom in comparison with what is happening in the EU, it is interesting to look at the reasoning and interpretation of Chilean courts. In our opinion, the right to be forgotten has given rise to one of the most interesting and complex legal challenges of these past years.

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Suggested citation: P. Anguita, The “right to be forgotten” in Chile. Doctrine and jurisprudence, e-conference on the Right to be Forgotten in Europe and Beyond, June 2017, Blogdroiteuropeen

Pedro Anguita is an academic researcher and assistant professor in the Faculty of Law, University of Chile. He has published a book on the protection of personal data and privacy, and in recent research has addressed a research on the lawsuits filed in Chile against Google based on the right to forget. He has also published articles on jurisprudence between the rights to freedom of expression and information and the rights to honor and privacy.

See all the contributions to our e-conference on Right To Be Forgotten in Europe and Beyond,

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